Quand le corps prend la parole : De la purification à l'amour de soi
- Sandrine Sabatier
- il y a 7 jours
- 4 min de lecture
Lors de notre dernier atelier, j'ai proposé une petite expérience : je vous ai invités à remplir un questionnaire au tout début de notre rencontre, puis de remplir le même questionnaire à la toute fin de notre pratique.
Je me suis prêtée au jeu et j'ai fait l'exercice moi-même. J'ai pu constater que mes propres réponses étaient complètement différentes entre le début et la fin de la pratique ! Il y a un monde entre ce que notre tête croit savoir, et ce que notre corps, une fois mis en mouvement, finit par dévoiler.
Le corps parle. Tout au long d'une pratique de yoga, il nous livre de grandes informations. Il révèle ce qui est caché profondément en nous, que ce soit de façon inconsciente ou, au contraire, de façon très consciente.
Parfois, il est si simple de ne pas vouloir voir, de ne pas vouloir ressentir ou accepter certaines choses. C'est normal et profondément humain de gérer ce qui vient à nous avec des automatismes de défense, de protection ou de fuite. Il n'y a pas une gestion meilleure qu'une autre !
Et pourtant, rien n'est figé. Tout peut, à un moment donné, s'ouvrir et relâcher.
On pourrait dire qu'il faut "purifier" ou transmuter pour avancer autrement. J'emploie moi-même très souvent ce terme : purifier. Et pourtant, au fond de moi, je sais bien que cela n'est pas forcément le mot juste, du moins tel qu'on le perçoit habituellement.
Je prends donc le temps d'exprimer aujourd'hui ce que mon expérience m'a fait comprendre. Bien évidemment, c'est mon point d'observation. Ma vérité n'est pas forcément la vôtre, mais elle peut peut-être amener à une réflexion intérieure, une réflexion guidée par le ressenti.
Revenons à cette idée de purifier. Pour moi, tout est parfait !
La vie, en passant avec ses défis, nous a présenté de façon abstraite nos forces, notre puissance et notre lumière.
Nous avons tous géré les événements de notre existence en faisant de notre mieux, avec nos possibilités et nos conditions du moment. C'est pour cela que c'est parfait.
Ce que l'on appelle "purifier" consiste plutôt, selon moi, à faire la paix avec notre histoire, à la remercier, et peut-être à observer avec un certain détachement tout ce qui a été appris et dévoilé.
Comme le disait si justement Julie lors de l'atelier, il s'agit d'accepter "tout ce que l'on a fait, et tout ce que la vie a fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui". 😘
Il n'y a donc rien à purifier au sens strict, mais plutôt à honorer. Honorer nos histoires de vie. Et honorer, c'est aimer. C'est s'aimer sans condition.
Michel nous partageait d'ailleurs que l'amour inconditionnel, c'est celui que l'on adresse à nos enfants et petits-enfants. 😘
Cet amour-là nous montre la saveur, le goût et le ressenti véritable de l'amour sans condition. Une fois cette saveur connue, il devient beaucoup plus facile de se l'appliquer à soi-même, de voir notre enfant intérieur et de lui donner cet amour absolu.
Nul autre que moi ne peut aimer la petite Sandrine qui ne savait pas faire, qui ne savait pas être, et qui était en constante attente de l'attention des autres. Seul l'adulte que je suis maintenant, avec le recul et l'expérience de ma vie, peut aimer cette petite Sandrine. Et là, on voit bien sûr qu'il n'y a rien à purifier.
Mon mental a oublié plein de choses, il en a gardé d'autres, et il en a certainement transformé beaucoup pour que l'ego puisse construire son personnage. Je n'ai pas toujours vu la force et les qualités que j'ai développées à travers les défis. Comme tout le monde, mon mental s'est parfois plus nourri des sentiments négatifs.
Mais mon corps, lui, a gardé toute l'histoire. Mes cellules ont gardé les émotions, les ressentis auxquels mon mental ne pouvait faire face lorsque les choses étaient trop lourdes pour la petite Sandrine.
Comprenez-vous ?
Lorsque je fais une pratique de yoga, lorsque je rentre dans mon corps, je rentre aussi dans ces mémoires. Parfois elles sont claires et des émotions remontent. Parfois, elles passent inaperçues, en douceur. C'est là que vient la véritable purification : elle révèle ce qui peut l'être, sans jamais mettre en danger l'enfant intérieur, car cet enfant est aujourd'hui soutenu et aimé par l'adulte.
Bref, tout cela pour vous dire ceci : chaque fois que vous travaillez avec le corps, vous permettez un dialogue. Vous entrez en résonance avec la vérité de votre corps. Vous neutralisez le bavardage intérieur mental et futile, et vous entrez dans le temple sacré où les mémoires cellulaires se racontent, donnant enfin la parole à votre être profond.
Alors, je vous invite maintenant, avant de commencer vos pratiques, avant le moindre mouvement sur votre tapis de yoga, à vous connecter à votre cœur, à vos cellules. Soufflez-leur simplement que, par votre présence, vous êtes prêt.e à recevoir ce qu'elles ont au plus profond d'elles.
Pour vous aider dans cette écoute, j'ai l'intention de vous offrir à chacun un petit carnet. Un espace juste pour vous, pour vous permettre d'y noter une ou deux impressions après chaque classe de yoga, et laisser ainsi une trace de ce dialogue précieux.



Merci pour cette belle réflexion