đż Au-delĂ de la posture : LâAncrage comme retour Ă la Maison
- Sandrine Sabatier
- 15 avr.
- 3 min de lecture

On vient souvent au Yoga pour le corps. On pousse la porte du studio parce que le dos fait mal, parce que le stress nous submerge ou parce que le surmenage est devenu un bruit de fond insupportable. On cherche un soulagement, un mouvement, un peu de bien.
Mais trÚs vite, quelque chose d'imprévu se produit. Au fil d'une pratique réguliÚre, le corps commence à murmurer une vérité que l'esprit ignorait. Ce n'est plus seulement une question de souplesse ; c'est une soif de conscience, un besoin d'aller plus loin dans le ressenti de l'énergie.
Câest ici que commence le vĂ©ritable ancrage.
L'illusion de la quĂȘte extĂ©rieure :
Pendant longtemps, j'ai moi-mĂȘme Ă©tĂ© une chercheuse. TrĂšs jeune, je me suis plongĂ©e dans d'innombrables techniques et formations dites "New Age". Ma bibliothĂšque dĂ©bordait de promesses et de savoirs. Chaque fois, je m'Ă©lançais vers ce "quelque chose" d'extĂ©rieur, mais il restait toujours un goĂ»t d'insatisfaction, une petite sensation de manque.
Puis, j'ai mis les pieds sur un tapis de Yoga.
Ă cet instant, mon corps a su.
Il a reconnu ce que mes livres ne pouvaient m'enseigner. Sans mĂȘme m'en rendre compte, j'ai laissĂ© mes livres dormir.
Ma quĂȘte est devenue intĂ©rieure.
Aujourd'hui, je n'ai plus cette sensation de manque, car Ă chaque classe que je guide, Ă chaque pratique personnelle, des perles d'expĂ©rience surgissent d'elles-mĂȘmes.
L'ancrage, c'est cela : cesser de chercher ailleurs et descendre dans la terre du corps, dans la structure des os, dans les tissus qui portent nos histoires.
Le texte sacré de la Katha Upanishad utilise une métaphore magnifique pour décrire cet état. Elle compare notre existence à un char :
Le corps est le char. Les sens sont les chevaux. Le mental est les rĂȘnes.
Lâintellect est le conducteur.
Extrait de la Katha Upanishad (III, 3-4, 9)
"Sache que le Soi est le maĂźtre du char, et le corps le char mĂȘme. Sache que la raison est le conducteur du char, et le mental les rĂȘnes.Les sens, dit-on, sont les chevaux, et les objets des sens sont les chemins qu'ils parcourent.L'homme qui a pour conducteur une raison Ă©clairĂ©e, et qui tient fermement les rĂȘnes de son mental, celui-lĂ atteint le terme du voyage."
Sâancrer nâest pas seulement faire des postures dâĂ©quilibre. Câest un Ă©tat dâesprit.
C'est ne plus ĂȘtre assis sur un cheval sauvage qui nous emmĂšne n'importe oĂč, mais tenir les rĂȘnes pour marcher sur le sable chaud, guidĂ© par la lumiĂšre de notre propre conscience.
On vient au yoga pour apaiser une douleur ou un surmenage, mais on y reste parce que quelque chose de profond est nourri. Indescriptible. Le yoga devient alors notre véritable ancrage.
S'ancrer n'est pas un concept, c'est un état d'esprit qui se cultive par la régularité (Tapas).
En venant sur votre tapis rĂ©guliĂšrement, vous ne faites pas que des Ă©tirements : vous nourrissez quelque chose de si profond que c'en est indescriptible. Vous permettez Ă une nouvelle personne de pousser â une version de vous-mĂȘme plus joyeuse, plus calme, plus apte Ă poursuivre son chemin de vie avec clartĂ©.
Cet ancrage est la base indispensable de tout changement. Avant de vouloir nettoyer ou transformer (comme nous le ferons lors de notre prochain cycle Détox et Tonus), il faut d'abord s'assurer que les fondations sont stables.
N'attendez pas que le cheval s'emballe pour reprendre les rĂȘnes.
Venez habiter votre corps. Il connaĂźt le chemin.
Dans la joie de pratiquer ensemble,
Sandrine S.



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